Après Radio Muezzin et Black tie, nous avons la joie d’accueillir MR. Dagacar and the golden tectonics of trash, l’un des derniers spectacles du collectif berlinois Rimini Protokoll, dont la créativité est aujourd’hui saluée dans les théâtres du monde entier.
Révélés en France par le festival d’Avignon 2006, Stefan Kaegi, Helgard Haug et Daniel Wetzel ont fait leur formation à l’institut d’études théâtrales appliquées de Gieβen qui, en la matière, est considéré comme l’une des écoles les plus innovante d’Europe. La singularité de leurs spectacles réside dans l’enchevêtrement de la réalité et de la fiction, l’une et l’autre étant troublées par la présence des “experts du quotidien” sur scène.
Pour Mr. Dagacar le collectif a ainsi fait appel à cinq ressortissants d’Anatolie, survivant à Istanbul au moyen de la récupération des déchets et en particulier du fer, du papier et de l’aluminium, dont le cour varie en fonction des fluctuations du marché. Les témoignages de ces personnes réelles, convoquées pour jouer leur propre rôle, s’entrelacent aux représentations de la société mais également aux rêves et aux contes qui forment le versant imaginaire des séismes – économiques, géologiques, politiques – dont la Turquie, mais pas seulement elle, pressent les bouleversements à venir. À la manière des glaneurs et la glaneuse d’Agnès Varda ou encore des essais cinématographiques de Chris marker, les Rimini Protokoll font du “trafic de vies” un dispositif susceptible de transformer, sinon d’affecter, notre regard sur l’art et sur la réalité. Un théâtre intelligent et sensible, qui a de beaux jours devant lui.









